Raphaël Gandolfo
Cours Artisanats de la mémoire, de la marche et du récit
Diplômé en philosophie et littérature à l’Université de Lausanne en 2014, avec spécialisation en phénoménologie du paysage et récits d’hybridation entre savoir et fiction, puis en écopoétique et création à l’Université d’Aix-Marseille en 2024, avec spécialisation en création de récits écosémiotiques, je prépare actuellement, dû à mon amour pour les tourbières, une thèse en anthropologie de l’environnement dont le sujet s’ancrera dans l’histoire socio-écologique des tourbières des Ponts-de-Martel. J’enseigne en parallèle la philosophie dans deux lycées cantonaux.
De manière générale, je me sens profondément noué à la texture écologique et culturelle des régions de l’Arc jurassien, à leur géomorphologie ainsi qu’à leurs légendes locales. J’entretiens une passion pour la marche et les récits, tant paysagers qu’imaginaires, et j’oscille avec une joie non feinte entre un intérêt pour la matérialité sensorielle, soucieux du détail du monde minéral, fongique, végétal, etc., et l’exploration de rêveries ancrées dans les sciences sociales et naturelles des montagnes du Jura et des biomes toundrains. Au cœur de ces intérêts s’est réveillé en moi, très tôt, le souci de trouver les moyens de faire mémoire de ces expériences du territoire en travaillant la matière et l’enquête narrative qui nous font passer de l’expérience empirique individuelle à une expression existentielle qui puisse rejoindre le collectif.
D’où s’est précisé le désir de considérer les dimensions sensibles et cognitives de notre rapport aux paysages sous le prisme de l’artisanat : artisanat de la mémoire, artisanat de la marche et, afin d’engager la transition entre intimité et extériorité partageable, artisanat du récit. Proposer des artisanats de mise en réseau des récits de nos expériences quotidiennes peut amener à contrarier l’uniformité, souvent sclérosante, de grands récits globaux sur lesquels nous n’avons que peu de prise : dérèglement climatique, guerres, etc., et à réinscrire notre agentivité vernaculaire comme bien commun et passions joyeuses.
Crédit photo : Arthur Gandolfo

